Une vie sans épreuves serait une vie stérile.
Annick de Souzenelle
Que ce soit l’ancienne mythologie (grecque, égyptienne, biblique) ou la mythologie moderne (Seigneur des anneaux, Star Wars, Dune…), ces histoires héroïques nous disent toutes la même chose : il n’y a pas de héros sans épreuve. On ne peut développer notre plein potentiel, notre créativité, notre courage, notre force ou nos ressources sans résistance.

Car voilà le rôle des épreuves : créer la résistance nécessaire pour nous obliger à nous dépasser !!! Pour mettre à jour notre pépite d’or ou notre diamant brut.
Soyons honnêtes ensemble si nous voulons pouvoir mieux comprendre cela : si la vie, dans son intelligence et sa sagesse infinie ne se chargeait pas de notre évolution, nous nous installerions bien confortablement dans notre sécurité et notre routine bien à l’abri du moindre changement. Notre système nerveux aspire à survivre, et non à s’épanouir.
Comme le dit si bien le grand sage indien Sadhguru, nous sommes des êtres de peurs: émotion qui a tendance à nous amener à chercher tout particulièrement la sécurité, et donc entraver notre aspect plus aventurier qui lui aspire à l’expansion.
C’est là que la résistance entre en jeu tel le coéquipier sur le ring qui va jouer le rôle d’adversaire pour nous permettre de progresser et aller chercher le meilleur de nous-même. Le coéquipier n’est pas notre ennemi…tout comme la vie n’est pas notre ennemie, mais un partenaire qui n’est pas là pour nous ménager et nous garder dans la complaisance, mais bien pour nous amener à développer des forces insoupçonnées. Qui n’a jamais dit une fois dans sa vie : “je ne voudrais pas revivre ça (maladie, échec, séparation etc…), mais je dois reconnaître que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.” ?
Serais-je devenue thérapeute en relation d’aide puis accompagnante spirituelle si je n’avais pas connu tant de souffrance enfant ? Ma réponse est non.
Je rêvais de faire de la danse, de la gymnastique et du karaté. Si j’avais eu une vie stable, j’aurais choisi une vie sportive. Mais mes crises de panique prenaient tellement le dessus sur ma vie que j’étais incapable d’entreprendre quoique ce soit. Trop de choses me paralysaient. Avec force et détermination j’ai décroché ma ceinture noire, mais tant de peurs m’assaillaient.

Entre ma propre souffrance et celle de mes parents dont j’étais témoin, j’avais besoin de réponses. J’avais besoin de comprendre. Et sûrement plus que tout, j’avais besoin de m’en protéger. C’est là que ma quête a débuté. J’ignorais que ce chemin allait me faire passer de “vouloir me protéger à tout prix” à “ une ouverture de cœur sincère envers les aléas de la vie ». Je suis donc convaincue que les épreuves m’ont guidée vers ma vocation.
Alors oui, humainement nous ne voulons pas de ces épreuves, nous ne voulons pas de cette résistance face à nous, mais au plus profond de notre essence, nous aspirons à nous déployer. Et la résistance est la voie royale pour nous permettre d’y arriver.
Pour dire cela simplement : nous ne devons pas résister à la résistance que nous offre la vie.
Une fois que nous comprenons cela, le processus d’accueil et de lâcher prise peut commencer.
Je dis bien commencer ! Le lâcher prise est très à la mode et un impératif que notre entourage nous sort quand il se sent impuissant face à notre souffrance : “Lâche prise!”, nous disent-ils tous.
Si notre système nerveux garde justement prise et ne lâche pas, c’est bien qu’il se sent d’une manière ou d’une autre en danger. Comment donc lui demander de lâcher prise s’il est effrayé ? Hérésie !
Il sera plus accessible de lâcher prise si je comprends intrinsèquement le “bien fondé” de l’épreuve.
Dans l’alphabet hébraïque, la huitième lettre représente justement l’épreuve. Elle est représentée dans son idéogramme primitif par une barrière. La même barrière que doit franchir un cheval pour les sauts d’obstacles. Cet obstacle a pour but de permettre au cheval de travailler puissance et agilité et donc de se dépasser. Il n’en est pas autrement pour nous les humains.
La Vie, Dieu, La Source, le monde angélique, peu importe le nom qu’on lui donne, n’est qu’amour et bonté infinis envers nous. Ce principe fondateur est ce qui réunit toutes les grandes Traditions (christianisme, judaïsme, islamisme, hindouisme, taoïsme…). Et donc, si la vie n’est qu’amour pour moi, quel est donc le sens de toutes ces difficultés que nous vivons si ce n’est pour notre évolution et notre expansion ? C’est ce que confirmait Charles Darwin en disant que l’univers et la vie n’existent qu’à travers un processus d’évolution.
Voyons les choses à partir d’un exemple plus terre à terre : l’école. N’appelons-nous pas les examens de fin d’année des épreuves ? L’épreuve a pour but de vérifier si l’élève a acquis les notions du programme.

L’étymologie du mot épreuve vient du latin probare, qui signifie « prouver », « mettre à l’essai ». Cela confère au mot une dimension de test, de défi à surmonter. C’est pourquoi, dans le langage courant, le mot « épreuve » peut aussi désigner une difficulté ou un obstacle dans la vie. Le but de l’éducation scolaire n’est donc pas de punir l’élève en lui proposant des épreuves mais bien de vérifier qu’il est en mesure et en capacité de SUPPORTER l’étape suivante. Chaque étape nous permettant de gagner en connaissance, en sérénité, en solidité et en confiance.
L’épreuve est donc une invitation de la Vie à intégrer et pacifier nos souffrances pour tendre vers l’expansion. Une voie confrontante certes, mais une voie de libération pour nous rapprocher de notre véritable nature.



